Tu as la photo entre les mains et tu trouves trop artificiel le paysage aux couleurs polaroïd. Trop bleue la mer, trop transparent le ciel, trop incendié cet horizon, trop de brillance dans les regards des deux personnages qui s'enlacent au mé.pris du vent, vêtus de pull-overs semblables.
Tu regardes dehors et la seule chose que tu vois c'est le reflet que la vitre te renvoie comme une gifle, parce qu'il fait nuit et qu'à cette heure les fenêtres se transforment en miroirs qui renvoient la solitude, les intérieurs accablants, les maisons comme la tienne, maisons vides, maisons avec café sans sucre le matin, café rapide et la voiture qui ne démarre pas et les minutes qui passent, maisons où tu te découvres le matin des signes de dé.prime qui te signalent à cor et à cri que tu es en train de perdre la grande bataille.
La photo reste dans tes mains. Elle était dans un tiroir que tu n'avais pas ouvert depuis des mois, mais elle est aujourd'hui dans tes mains et tu sens que le moment est venu d'assassiner ces souvenirs anciens.
Alors tu dois prendre la photo comme un parallélé.pipède parfaitement horizontal et, c'est le plus important, devant une de ces fenêtres qui semblent reprocher à la pièce sa lumière blafarde.
Ce n'est pas toi qui déchireras la photo. C'est quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus courageux ou de plus impersonnel, un autre je-tu flotte dans le vide derrière les vitres.
Tu verras cette personne faire un mouvement de crabe avec les doigts, ses mains s'écarter de chaque côté et chacune emporter un morceau presque semblable de la photographie. Puis cette même personne rassemblera les morceaux et refera le même geste une, deux, trois fois, plus si elle l'estime nécessaire, jusqu'à ce qu'inexplicablement tu sentes la fatigue dans tes doigts.
Par la vitre, tu verras tomber des flocons de neige trop gros pour être graciles et violeurs des lois de la gravitation. Ils tombent vite, et, quand tu regarderas le tapis, tes yeux verront les vestiges mutilés d'un souvenir dont rien ne peut plus être sauvé.
Luis Sepúlveda
- Mood:
Sadness - Listening to: Mozart
- Reading: Sepúlveda!
- Watching: My cat
- Playing: With fire
- Drinking: Water
--
speak softly, and carry a big spork.
coco, the crazy french oreo-loving photo ninja spork queen of planet x
[constructive critique on demand! just ask!]
follow me: @ohnoitscoco (personal) @sharpskies (art-related)
I liked it so much
Hope you see my work too
See you & Take Care
--
~º~º~º~º~º~
If the Road doesn't have obstacles, if takes you nowhere
I didn't expect that ^^
I'm glad that you liked my work ^^
--
~º~º~º~º~º~
If the Road doesn't have obstacles, if takes you nowhere
--
=yudiari
=indonesia
=pontianakdeviant
I join in *r72
--
spread the ashes of the colors over this heart of mine!!!
--
spread the ashes of the colors over this heart of mine!!!
Thank you so much for watching
Happy New Year!
Previous Page123Next Page